Lundi 31 janvier 2011 à 22:15

Il m'est toujours difficile de parler de mes coups de cœur. Je porte sur eux un regard tellement subjectif qu'il m'est pénible de trouver des éléments clés, pour donner naissance à une critique en bonne et due forme. L'œuvre de Jane Austen fait partie de ces choses qui nous dépasse et sur lesquelles j'ai du mal à donner mon sentiment.
Orgueil et Préjugés se base sur l'histoire de la famille Bennet et de ses cinq filles célibataires auxquelles leur mère entreprend tout ce qui est possible pour leur trouver un mari ayant, de préférence, une rente des plus généreuses. Le récit débute par l'arrivée de Mr Bingley, de sa sœur et de Mr Darcy dans le Hertforshire. Le montant de leur rente enflamme rapidement le voisinage qui pourra savourer leur présence grâce aux différents bals donnés à cette période. Ils pourront ainsi découvrir les caractères sensiblement différents de Bingley et de Darcy l'un plaisant pour sa gentillesse et sa bonne humeur, l'autre s'attirant les foudres des gens pour sa froideur et son indifférence.

L'histoire a lieu sous le règne de George III; les mœurs sont donc sensiblement différentes de celles que nous connaissons aujourd'hui. Il était inconcevable à l'époque qu'une jeune femme reste seule, sans mari, ni enfants, à la charge de ses parents. Jane et Elisabeth sont les ainées de la famille Bennet: elles sont ainsi les premières "victimes" des attaques de leur mère.
Les deux jeunes filles croiseront la route de plusieurs prétendants: Mr Bingley, Mr Collins, Mr Wickam et Mr Darcy. Seulement, le destin peut jouer de drôles de tours : l'amour n'est pas forcément là où on le croit.
Jane Austen écrit avec une légèreté et une liberté peu courante à son époque: elle prend un recul fascinant face à son époque, sa société et donc face à sa vie. Son style est quelque peu étonnant lorsqu'on rentre dans le livre. Il m'a fallu un peu de temps pour m'accrocher à l'histoire, mais une fois que l'on y rentre, les pages défilent sans qu'on s'en rende compte, et on aimerait en rajouter à la fin. On s'intéresse de près aux relations entre Elizabeth et Darcy, mais aussi à celles de Jane et de Bingley.

On assiste ainsi aux difficultés d'une jeune fille de l'époque, et pourtant, malgré les siècles qui ont passé, l'histoire n'a guère vieilli. C'est un peu un conte de fées, sans les fées, ce livre continue à faire rêver plus d'une personne de nos jours. On aimerait rencontrer un monsieur Darcy. Ou bien on aimerait être confronté à cette époque pour connaitre le contexte, les relations entre les gens à travers la bienséance imposée qui permettait à chacun de connaitre le comportement à adopter. Au final, n'était-il pas plus simple d'entretenir des relations en tout genre à cette époque qu'à la nôtre où nous avons tendance à perdre certaines valeurs fondamentales telle que le respect?
Par son œuvre, Jane Austen met en évidence les problèmes liés à son époque, mais elle nous permet également d'exercer un œil critique sur la nôtre, tout en nous donnant un peu d'espoir et de rêves.
Le livre a été adapté à la télévision et au cinéma en plusieurs versions. Les plus marquantes sont celle de la BBC avec Jennifer Ehle et Colin Firth (1995) et celle de Joe Wright avec Keira Knightley et Matthew MacFadyen (2005). D'un point de vue esthétique, cette dernière est sûrement la plus réussie. Cependant, le caractère des personnages est un peu plus exploité dans l'adaptation de la BBC, avec un Darcy plus vif, comme on le décrit dans l'œuvre original. Les deux sont vraiment intéressantes à voir, car chacune donne une vision différente de l'œuvre de Jane Austen.

Maintenant, vous comprenez mieux d'où vient la version spéciale
Monsieur Darcy ;)